• Camille Houssais

Tribune : Pitié pour nos périnées !


Tribune de Madame de Gasquet qui comme toujours porte un regard éclairé et éclairant sur la santé des femmes et la pression (sociétale ? patriarcale ?) qu'elles subissent.

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Le périné est au cœur des conversations ses derniers temps mais surtout des inquiétudes que l'on retrouve en consultation : "Mon amie a utilisé Epi-No depuis son 3eme mois, moi je n'ai rien fais je suis inquiète cela veut dire que mon accouchement va mal se passer ?" (Pour rappel, Epi-No-entre autre n'a toujours pas fait ses preuves scientifiquement seul le massage est efficace pour diminuer le risque de déchirure et donc d'episio cf les dossiers de l'obstétrique : n° fev 2019)

"Je ne sens pas quand la sage femme me demande de contracter lors de la rééducation , je me sens nulle"....

Etc etc..


La tribune est longue mais les mots sont juste. Le dernier paragraphe résume parfaitement la situation actuelle :

"Si nous refusons aujourd’hui, à juste titre souvent, les examens intra-vaginaux inutiles (mais tous ne le sont pas et certains peuvent être très utiles pour ressentir le périnée, c’est même une méthode de rééducation très appréciée de celles qui se sentent agressées par une sonde), les épisiotomies, les violences, essayons de ne pas en créer d’autres, encore plus graves. Arrêtons de redoubler la culpabilité et de créer une incompétence, sous prétexte de redonner à la femme la maîtrise de son corps."


Et si pour une fois on se souciait juste "d'être " au lieu de toujours "devoir faire"...?



- 27 juin 2019


Pitié pour nos périnées !

Stop aux inégalités sexistes sur les contraintes périnéales.


Le grand oublié jusqu’ici dans l’éducation physique, dans les livres d’anatomie, dans la littérature et les conversations de salon, c’était le périnée. Mais depuis quelques temps, il est vraiment à toutes les sauces. Il se doit d’être si performant qu’on pourrait faire des compétitions de maîtrise périnéale. Les exigences ne concernent que les femmes, alors que les hommes n’ont toujours aucun effort à faire pour partager les contraintes périnéales.


Tous les enfants doivent passer par la maîtrise de la continence, ce qui n’est pas rien, vu notre mode de vie dans lequel aucun rythme physiologique n’est respecté. Mais pour les femmes, les choses ne sont pas finies !


Elles devraient arriver à une dextérité périnéale capable de faire perdre toute maîtrise à leur partenaire. Reines de l’orgasme sur commande, elles devraient aussi maîtriser leur cycle hormonal, la contraception étant un poison et une aliénation. Le préservatif est vraiment une solution trop simple et inhibante.


Par leurs sécrétions vaginales et leurs règles, aidées par les couches de leur bébé, elles sont responsables de la pollution de la planète, du réchauffement climatique et de bien d’autres problèmes environnementaux. Il est bien entendu que tout cela est « sale », encore et toujours. On a vraiment progressé dans la libération de la femme ! On nous parlait du "nerf honteux" en mettant en évidence le caractère judéo-chrétien de cette dénomination anatomique, maintenant remplacée par "nerf pudendal"… du latin pudendus qui signifie honteux.


Il faut donc que les femmes contrôlent tout cela, qu’elles rejettent les tampons, les garnitures, les couches. Elles devraient selon certains discours pouvoir retenir le sang des règles par une maîtrise musculaire, l’évacuer à volonté.


Certain(e)s, parfois même des professionnelles de santé dans le domaine de la gynécologie, vont jusqu’à comparer la continence urinaire ou anale (gaz et selles) à cette rétention de sang. Ce qui laisse pantois quant à la réalité anatomique !


Un peu d'anatomie :

Le vagin n’est pas un sphincter et même en cas d’infibulation, il n’est jamais totalement fermé. Justement parce qu’il faut que le sang s’écoule ! Si l’urine et les selles peuvent être retenues et évacuées volontairement, le sang doit s’écouler. Et il est impossible, même en contractant les muscles du périnée, de fermer totalement pour retenir du liquide.


Si la rééducation périnéale pour retenir les urines en cas d’incontinence d’effort est si importante et demande tant de travail, c’est que la rétention, lorsqu’elle n’est pas assurée par un sphincter hermétiquement fermé, n’est vraiment pas physiologique. Et d’ailleurs elle ne peut marcher que sur un effort bref, car il s’agit d’une contraction active, réalisée par des muscles dits phasiques, volontaires, et par définition fatigables rapidement. On pourra espérer arriver aux toilettes si on a la diarrhée, mais on ne pourra pas retenir des heures. Et encore moins un lavement, c’est-à-dire du liquide.


En contractant le périnée avant un éternuement ou un saut, on peut éviter une fuite d’urine si l’urètre est descendu ou trop mobile. Parce qu’on anticipe la pression et qu’on stimule le sphincter qui se prépare à cette augmentation de pression. Pas par l’action volontaire, qui se relâche justement au moment où le diaphragme remonte.


Or il n’y a aucun sphincter à l’intérieur du vagin. Rien n’est totalement fermé, même pas le col utérin, qui n’est pas sous commande volontaire… Ce serait bien pratique pour l’accouchement, mais ça ne marche pas comme ça !


Même chez les femelles quadrupèdes, où la gravité ne favorise pas l’écoulement (les chiennes et les chattes descendent leur bassin pour la miction), le sang est éliminé. S’il était possible de fermer le vagin et d’empêcher la sortie de liquide, cela pourrait aussi se faire pour l’eau qui a pu entrer lors de la nage par exemple. Certaines femmes se plaignent d’avoir un écoulement qui s’éternise au sortir de la piscine. En effet le diaphragme monte beaucoup lors des mouvements de nage, surtout le crawl ou sur le dos, ce qui aspire l’eau dans le vide vaginal. C’est évidemment lié à une morphologie particulière, des petites lèvres très fines par exemple.


La paroi antérieure du vagin présente de petites stries et le conduit vaginal est coudé, ce qui empêche la sortie en une fois du liquide.


On pourrait aussi demander aux femmes de retenir le sperme, les ovules gynécologiques fondus, les pertes blanches… Retenir, serrer, fermer, maîtriser encore et toujours. Mais bien sûr, ne pas être coincée, "se lâcher" si on est une vraie femme. Sauf si vous êtes une femme fontaine. Il faudrait quand même retenir ce liquide qui vient du vagin !


Cela me rappelle les fantasmes liés aux professionnelles thaïlandaises qui font des prouesses incroyables avec leur périnée. C’est du moins ce que croient les touristes qui regardent le spectacle comme on regarde un tour de magie. Car il s’agit bien de tours de prestidigitation ! Il y a des accessoires, les lames de rasoir ne descendent pas en contact direct avec les parois vaginales, ce n’est pas en serrant le périnée qu’elles fument des cigarettes, qu’elles envoient des balles de ping pong et encore moins qu’elles ouvrent des bouteilles de coca (actions d’ailleurs contradictoires). J’ai vérifié, de très près, j’ai vu les accessoires et j'ai examiné ces femmes. J’ai même réussi à faire une IRM dynamique avec une de ces artistes. Le périnée n’a rien à voir là-dedans.


Mais on peut toujours nous dire que notre périnée est simplement minable s’il ne réalise pas l’impossible.


La femme devrait pouvoir se conditionner pour retenir le sang même dans son sommeil. Les « pollutions nocturnes » de ces messieurs ne nécessitent aucune retenue, aucune lessive. La maîtrise de l’éjaculation est pourtant un exercice intéressant ! Il y a même, dans les pratiques énergétiques sophistiquées, des possibilités d’éjaculation rétrograde. Et bien d’autres exercices dont nous reparlerons, qui pourraient être mis en parallèle avec les exhibitions des Thaïlandaises, avec les œufs de jade aujourd’hui seulement proposés à la maîtrise féminine. En réalité, il y a beaucoup de choses qui pourraient être partagés dans une compétition – le "Trophée périnéal", événement à créer ! Mais aussi dans un échange périnéal bien plus intéressant que les acrobaties du kamasutra. La tantra yoga, le tao sont beaucoup plus subtils, bien au-delà du musculaire.


Parmi les tendances nouvelles que je ne peux assimiler à une libération, il y a la chirurgie esthétique du sexe. Les petites lèvres sont devenues disgracieuses et gênantes. L’asymétrie est insupportable alors qu’elle est normale, comme au niveau des seins, des testicules, qui ne sont pas à la même hauteur. Dans un souci de "tout naturel", il faut corriger cela par de la chirurgie. Si vous espérez que le conjoint apprécie, vous risquez quelques déceptions !

On oublie souvent de prévenir que les bruits d’air vaginaux vont alors être plus fréquents. Là aussi, les positions et le diaphragme sont les clefs de la compréhension. On va simplement dire encore et encore qu’il faut renforcer pour serrer, verrouiller le périnée. Que ces bruits physiologiques seraient le fait d’un relâchement coupable.


Il y a eu la ceinture de chasteté, l’excision et l’infibulation. Il y a aujourd’hui les performances fantasmatiques qui font croire à une incapacité dès lors qu’on reste dans la normalité. Où est le progrès ?


Contracter ou détendre ?

Dans les rééducations périnéales, la contraction domine les pratiques. Les sondes connectées, où il faut atteindre un nombre de points maximum, les boules de geisha mal utilisées, qu’il faut retenir comme les poids ou les cônes, ne valorisent que la retenue, la tension, la musculation en raccourcissement. À quand un grand concours de culturisme du périnée ?


Mais un jour il faut accoucher, et donc détendre ce fameux plancher. Et on prépare cette soi-disant détente en pratiquant des étirements sur ces muscles qu’on a tellement essayé de rétracter. Ce peut être très violent. Certains témoignages récents signalent des pleurs lors de l’usage de moyens de distension qui n’ont pas fait leurs preuves et sont aujourd’hui remis en question.


Le massage pourrait être un moyen intéressant de se connaître, de se « toucher ». En réalité, on étire vers le bas, dans un massage peu érotique. On demande parfois au père de faire cet étirement, ce qui est un mélange de genres entre le toucher amoureux, excitant, et la kinésithérapie. Mélange pas toujours bienvenu dans l’imaginaire. De même que le sein nourricier et le sein érotique sont difficiles à amalgamer, demander au partenaire d’aider à l’ouverture peut rapprocher le couple dans le bonheur de la parentalité… ou perturber la relation sexuelle déjà bien modifiée par l’état de grossesse.


Dans les cultures traditionnelles, cela ne s’est jamais fait. Il y a aujourd’hui un retour en arrière quant à la présence du père lors de l’expulsion du bébé. L’accouchement est violent par essence, il y a souvent du sang, des cris, parfois des selles. Ce n’est rien par rapport à l’émotion fantastique qu’il peut y avoir, mais les hommes sont encore moins préparés que les femmes à cette puissance explosive qui explose parfois le rempart périnéal, trop rigide.


Il y a eu trop d’épisiotomies par erreur d’appréciation médicale : des médecins ont cru protéger le périnée par une action bien contrôlée. Ils ont imposé des protocoles qui ont obligé les sages-femmes à se justifier quand elles ne coupaient pas. Il s’est avéré que ça ne protégeait pas, et la marche arrière aujourd’hui est étonnante dans son excès. Certains chefs de service ont décrété "zéro épisio !" pour battre une sorte de record… bien peu douloureux pour leur propre périnée. Certains mettent à l’amende les gynécologues et les sages-femmes qui pratiquent des épisiotomies ! On en arrive à ne plus rien faire, à regarder déchirer. Ce qui fait enrager les sages-femmes expérimentées, qui auraient plus tendance à exercer leur compétence et à apprécier au cas par cas, avec bon sens. Tout ça jusqu’à la prochaine étude.

En attendant, on fait croire aux femmes que si elles travaillent bien leur périnée, en l’étirant, il devrait être mou pour l’accouchement et dur le lendemain ! Ce qui est impossible dans la physiologie musculaire.


On en arrive même aujourd’hui à ne pas recoudre une déchirure limitée. Ce serait bien mieux, parait-il. Dame nature, qui n’a pas pu protéger, va tout réparer. Et bien sûr, si la femme récupère mal, c’est encore parce qu’elle est vraiment nulle ou pas assez bonne élève pour sa rééducation. Car elle a quand même besoin de rééducation. Ce qui veut bien dire qu’il y a eu traumatisme. Le fait que plus de 60 % des femmes, en particulier les grandes sportives, soient concernées par l’incontinence, ne fait pas penser une seconde que c’est peut-être plus compliqué que de faire bouger un biceps !


On nous a déjà dit, du temps de l’accouchement « sans douleur », que les femmes qui souffraient pour accoucher avaient sûrement des problèmes psychologiques et sexuels, ou n’avaient pas assez travaillé leur réflexe Pavlovien (respiration du petit chien) ! On rejette aujourd’hui la péridurale, responsable de tous les maux, et les gagnantes du concours de la mère parfaite sont celles qui accouchent sans antalgique. Avec mention très bien pour l’accouchement orgasmique.


Drôles de recommandations...


Dans les prouesses que la femme devrait pouvoir faire dans cette partie de sa personne, il y a la maîtrise du cycle hormonal, le déclenchement volontaire des règles, la contraception sans intervention extérieure.


Il faudrait bien sûr un allaitement exclusif de 6 mois et un allaitement prolongé de 2 ans pour être conforme aux directives de l’OMS, qui ne fait pas la différence entre une Africaine dénutrie et une femme Européenne qui travaille, entre une Québécoise qui a 1 an de congé maternité et une Française, surtout si elle est commerçante ou travailleur indépendant. En Suède, le congé est aussi d’un an mais un congé paternité d’au moins 3 mois est imposé aux pères, pour ne pas pénaliser exclusivement la carrière des femmes et ne pas faire préférer à l’embauche un homme au prétexte du risque d’arrêt !


Dans les régressions qui semblaient improbables, le droit à l’avortement est menacé, et ce en dehors de raisons religieuses. Contraception hasardeuse et avortement illégal, quelles solutions pour une sexualité sereine ? Au Québec, la vasectomie est très largement pratiquée, dans un souci d’égalité de responsabilité dans le couple. Chez nous, même le préservatif est mal vécu par beaucoup d’hommes, en raison de leur hypersensibilité périnéale bien connue.

Dans les exigences de soins périnéaux, le bain dérivatif est de plus en plus tendance. Il devrait permettre de prévenir et guérir presque tout, faisant du périnée le centre de concentration de tous nos problèmes. Nous avions dans le temps des bidets, qui restent très chers aux Italiens et qui permettent des toilettes confortables. Le principe des bains dérivatifs est de refroidir exclusivement la zone périnéale superficielle, alors que tout le reste du corps est normalement chauffé. Aux débuts de la méthode, il fallait s’installer, faute de bidets, plus ou moins acrobatiquement dans sa douche, les pieds au chaud, tout le corps couvert sauf le périnée et faire couler pendant 20 minutes de l’eau très fraîche sur cette zone. Exercice très contraignant s’il en est. Dans un souci de simplification, on procède maintenant avec des poches de glace appliquées en garniture, qu’il faut remplacer plusieurs fois.


Pourquoi pas, si cela vous convient ! Je reconnais que ce n’est pas une conduite à risque, médicalement parlant, et que si vous en retirez du bien-être, comme la douche froide pour certains, cela ne fait pas de mal à l’entourage. Le principe évoqué est de type réaction vasculaire.


J’ai toutefois un questionnement quant à ces pratiques réputées naturelles. Je travaille beaucoup en Asie, région où la médecine traditionnelle est à base d’énergétique. Or il est essentiel pour eux de réchauffer les pieds et « les fesses » ! Il y a des bains de siège chauds, des garnitures à base de plantes chauffantes. Les toilettes Japonaises ont des sièges chauffants. En hiver, on réchauffait le périnée pour permettre la détente et la défécation sans poussée. Pendant et après l’accouchement, la chaleur sur le périnée est toujours préconisée, avec des bains de siège chauds et prolongés.


Actuellement, les recommandations médicales sur l’accouchement préconisent aussi des compresses chaudes, antalgiques, pour aider à la détente. Ce qui devrait être nuancé. Un périnée très œdématié par une position semi-assise et par un remplissage vasculaire rapide apprécie souvent d’être rafraîchi ! Les recommandations mondiales ne font jamais dans la nuance et visent plutôt les pays à très forte natalité, hors des structures hospitalières.


L’éducation périnéale des bébés Les couches sont aussi devenues un ennemi de l’enfant et de l’environnement. S’il y a un scandale à dénoncer quant à la qualité des produits, renoncer à les utiliser est encore se tromper de cible et pénaliser les mères. Les couches lavables, c’est une consommation accrue d’eau et d’électricité, surtout en cas de sèche-linge très peu écologique. Et des heures de moins de sommeil pour la mère. On se demande quand elle peut dormir…


La nouvelle tendance est l’éducation à la propreté dès les premières semaines. La mère doit nuit et jour être en osmose avec son petit pour anticiper l’accident et l’amener à la fameuse "propreté précoce", avec des poches de recueil sur un périnée dénudé. Et bien sûr, toute l’éducation doit être douce, sans aucune violence. Laquelle est supposée être une attitude perverse, seulement retrouvée chez les femmes.


Les hommes et le périnée Ils sont anatomiquement protégés des constipations basses et des incontinences. Ils ont en revanche des hémorroïdes, pour lesquelles on ne leur demande pas de travail périnéal ou respiratoire. On traite, on modifie le régime alimentaire et on opère si nécessaire. Sans prévenir qu’il y aura peut-être quelques fuites de gaz, car les veines hémorroïdaires, présentes physiologiquement chez tout le monde, sont des moyens de calfeutrage du sphincter anal. Si on les enlève, le sphincter n’est plus étanche et le gaz, ça passe partout !


Les troubles de l’éjaculation pourraient être améliorés par un travail périnéal et respiratoire. Rarement prescrit et pratiqué.


Les hernies scrotales (et inguinales) provoquées par la toux et les efforts mal gérés (abdominaux, sports générant des pressions) ne donnent pas lieu à des reproches sur une gestuelle prolabante (qui pousse vers le bas et entraîne des descentes d’organes), ni à une rééducation à ce niveau. On opère en général et on continue à pousser.


J’ai évoqué les possibilités extraordinaires du périnée féminin. Mais les hommes pourraient aussi faire des prouesses ! Des yogis ont réalisé des démonstrations devant un groupe de médecins Français, à la Pitié Salpetrière, au début des années 1960. Le bassin immergé dans une bassine d’eau, ils étaient capables de l’aspirer par l’anus, et même par la verge, faisant ensuite des bulles ! Un de mes amis yogi m’a dit avoir utilisé cette aspiration pour faciliter la pose d’une sonde urinaire. Ca pourrait donc servir !


J’ai le dossier médical du pétomane, artiste bien connu au début du siècle qui jouait de la musique avec ses gaz intestinaux. C’était un enfant de Marseille et comme ses camarades, il plongeait beaucoup. Un jour, ses lunettes sont tombées et il est resté longtemps sous l’eau. La pression de l’eau, la remontée du diaphragme pour lui permettre de vider ses poumons et de descendre ont provoqué une entrée d’eau dans le rectum. Ce qu’il a ensuite exploité et réalisé volontairement. Devant un groupe de médecins, il a ainsi aspiré de l’eau et l’a rejetée à 6 m ! D’après son exploration clinique, il est tout à fait « normal », sans particularité anatomique.


Les pratiquants du ski nautique ont souvent eu une prise d’eau rectale lors de la chute dans l’eau, les bras levés.


Dans Le Tao de l’art d’aimer, des exercices périnéaux et respiratoires sont proposés aux hommes afin qu’ils retardent et maîtrisent leur éjaculation, jusqu’à une éjaculation rétrograde pour « économiser » leur énergie et faire jouir plusieurs fois leur partenaire. Ils peuvent eux aussi utiliser les œufs de jade, en les suspendant à la verge en érection (il est conseillé de ne pas dépasser 4 500 g). C’est possible, comme marcher sur des braises. Mais pas pour tout le monde, pas tout de suite, sur une simple injonction du genre « contractez votre utérus », comme je l’ai entendu proposer à des femmes qui assistaient pour la première fois à des ateliers soi-disant de travail périnéal. Comme si c’était élémentaire ! J’aurais voulu avoir un enregistrement des contractions de celle qui les déclenchait si facilement.


Si nous refusons aujourd’hui, à juste titre souvent, les examens intra-vaginaux inutiles (mais tous ne le sont pas et certains peuvent être très utiles pour ressentir le périnée, c’est même une méthode de rééducation très appréciée de celles qui se sentent agressées par une sonde), les épisiotomies, les violences, essayons de ne pas en créer d’autres, encore plus graves.


Arrêtons de redoubler la culpabilité et de créer une incompétence, sous prétexte de redonner à la femme la maîtrise de son corps."


- Bernadette De Gasquet


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